C’est Mozart qu’on assassine de Gilbert Cesbron

“Elle était tombée dans ce piège : la sécurité lui tenait lieu de bonheur…”
“Il faut bien qu’il y ait des imbéciles pour faire rire les idiots.”
“Bienheureux! Bienheureux, ceux qui préfèrent la source à la citerne!”

 

  • …cet univers des grandes personnes que régit le temps…
  • Son beau-père avait pu, l’autre année, mourir tranquille d’un infarctus hautement mérité. Son chagrin mis à part, Agnès n’ait guère plus ressenti ce changement qu’une péniche qui franchit une écluse.
  • « Bienheureux les pauvres en esprits. » Ca veut dire, reprend le curé après un soupir, qu’il faut trouver sa joie dans tout ce qui vous est donné, si simple ou si pauvre que cela vous paraisse. Et que plus ce sera simple, pauvre, plus votre joie en sera durable et profonde. Avec un appareil radio vous risqueriez de ne plus écouter chanter les oiseaux. Je ne dis pas que l’auto ou la radio, le progrès, l’argent n’apportent pas de grands plaisirs; mais ils risquent de vous faire oublier les vraies joies, celles qui sont données à tous, riches ou pauvres, cous comprenez? Et puis, reprend-il, cette parole signifie aussi, mes petits que le temps qui passe : oui, chaque jour, chaque heur, chaque minute, est notre seule vraie richesse. Alors, il ne s’agit pas de le gaspiller. Je voudrais que, dès maintenant, chaque journée vous paraisse toute neuve. N’importe quel matin, voyez vous, n’importe quel matin, peut tout changer. Il suffit de ne pas réveiller avec soi ses colères, ses rancunes et ses jalousies de la veille. Il suffit de ne pas se mettre aussitôt à calculer, à combiner, à jouer au plus malin, comprenez vous? Mais chaque matin, au contraire, regardez donc les gens et les choses comme si vous ne les connaissiez pas, soyez tout prêts à les aimer, à les admirer! Chaque instant, mes enfants, chaque instant qui passe…
  • Un papier blanc aimante le regard; telle une étoile solitaire ; M. Le Curé le déplie et lit ce message : «  Mon oncle a une nouvelle auto. Il vient dimanche. C’est chouette! » « Bah! Se dit-il, quand on ne peut pas planter, il faut se contenter de semer…. »
  • Grandir c’est devenir infidèle.
  • « Merci » qui comme « Pardon » constitue l’un des mots de passe du Royaume.
  • De toute ses forces Martin lutte contre l’imparfait qui est le temps des grandes personnes.
  • Viendrait le moment ou il se trouverait au bout de ce qu’il appelait naïvement le progrès – et que ferait-il alors de son temps et de son argent? Il était pareil à un homme qui gravit allègrement une montagne, ignorant que le sommet soit si proche et l’autre versant un abîme ; ici l’abîme se nommait Ennui.
  • Il lui semblait avoir changé de siècle, de pays; ou plutôt, tout et tous changeaient autour de lui : à qui se fier sinon à soi seul? Ainsi fondait-il l’empire sur sa petite personne, en même temps qu’il la sentait fragile, instable, impatiente. L’orgueil et la peur l’habitaient tour à tour, chacun l’aidant à surmonter l’autre et tous deux s’alimentant de mensonge et d’indifférence.
  • Elles (les grandes personnes) dorment leur vie, et se retournent en dormant.

 

 

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